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La prospection ou la quête de la rareté

Les géologues en charge des campagnes de prospection des mines de diamants rêvent tous de découvrir des cheminées de kimberlite diamantifères, véritables pipes volcaniques vieilles de plusieurs centaines de millions d’années.  C'est là, dans leur gangue de roche que se trouvent les diamants. Ces cheminées, ensevelies par l’érosion sous les déserts arides ou les steppes arctiques, sont repérées grâce à une combinaison de méthodes scientifiques et de méthodes traditionnelles de prospection : observation de la faune et de la flore vues du ciel, échantillonnage des sols, ou imagerie satellitaire. Ces recherches, parfois rocambolesques, conduisent les géologues vers des régions reculées, parfois même sous les mers à plus de 120 mètres de profondeur. On raconte ainsi qu’un prospecteur à bord d’un avion léger, aurait découvert un gisement grâce à l’observation d’un simple troupeau. Les bovins s’étaient attroupés pour brouter autour d’une petite zone spécifique, délaissant le reste de la plaine. L’examen approfondi des sols à cet endroit, révéla une terre plus riche et la présence de kimberlite. 

Lorsqu’un gisement potentiel est trouvé, on mène une étude approfondie pour évaluer son rendement et sa viabilité. L’ensemble de ce processus de prospection et d’évaluation dure de 5 à 10 ans et est pour le moins aléatoire.  En effet, un site de kimberlite sur 100 est diamantifère et un sur 20000 a le potentiel d’être une mine rentable.  Autant dire qu’une mine de diamants est une aiguille dans une meule de foin.   La construction de la mine elle-même prendra entre 5 et 10 ans. Ceci explique qu’aucune découverte majeure de nouveau gisement n’ayant été réalisée depuis 20 ans, on sait avec certitude que la production de diamants bruts va baisser d’au moins 15% entre 2018 et 2030. 

Les différents types de mines de diamant

Il existe trois types de gisements diamantaires: primaires, secondaires et marins. Les premiers sont composés de «roches-mères» qui ont protégé le diamant en le portant à la surface à la faveur d’irruptions volcaniques.   Les seconds résultent de l'érosion de ces roches et de la re-concentration des diamants libérés dans des roches ou des dépôts spécifiques tels que les alluvions. Le nom des gisements marins est en lui-même parlant.

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La grande majorité des diamants proviennent de gisements primaires

Ces gisements primaires, nommés cheminées de kimberlites, sont des pipes volcaniques provenant d’irruptions ayant eu lieu il y a environ 400 millions d’années.  Les mines à ciel ouvert sont les plus fréquentes. On y emploie des engins de terrassement et des explosifs lorsque la roche est trop dure, mais aucun produit chimique n’est employé dans le processus.  La pipe de kimberlite est alors creusée en gradins pour permettre la circulation des camions qui transportent les matériaux à traiter.  Une mine à ciel ouvert atteint en général une profondeur d’environ 350 mètres.  Dans un second temps, certaines de ces mines deviennent des mines sous-terraines qui elles peuvent atteindre des profondeurs de 1000 mètres.   La viabilité d’une mine de diamant dépendra principalement de son emplacement géographique, de la teneur en diamant de la roche volcanique, et bien sûr de la valeur des diamants contenus dans le gisement. 

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Les gisements secondaires alluvionnaires

Les exploitations alluvionnaires ne sont pas des mines en profondeur.  Il s’agit de recueillir les diamants dispersés par l’érosion sur des superficies beaucoup plus importantes que les gisements primaires.  Elles ne nécessitent souvent pas d’investissements importants mais les coûts d’exploitation peuvent être élevés du fait de la faible teneur en diamant des roches traitées et les importants coûts de transport.  Les exploitations alluvionnaires mettent en œuvre aussi bien des méthodes artisanales qu’industrielles et se situent principalement en Afrique et en Amérique Latine. On estime qu’environ 1,5 millions de personnes travaillent directement dans l’extraction de diamants alluvionnaires qui représentent une source de revenu important pour ces populations et leurs familles.  Souvent rudimentaires et parfois non-formalisées, ces opérations bénéficient de gros efforts entrepris par les acteurs de l’industrie en collaboration avec des ONG spécialisées pour améliorer les conditions d’extraction et formaliser des opérations.    Soutenir le secteur alluvionnaire artisanal pour qu’il se structure et que ses acteurs bénéficient de meilleurs conditions de travail et de conditions commerciales est un enjeu majeur de l’industrie du diamant qui mobilise tous ses grands acteurs, en partenariat avec les gouvernements locaux et les ONG. 

 

Les gisements secondaires alluvionnaires

Les gisements marins

Dans le cas de ces gisements, on cherche à atteindre le gravier diamantifère des littoraux et des fonds marins, situé à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Navires, plates-formes et motopompes s’ajoutent aux engins de terrassement ou explosifs spécifiques. Ce type de gisements existe notamment en Namibie et en Angola mais sont très minoritaires dans la production mondiale.

 

Extraire les diamants de la kimberlite

Extraire les diamants de la kimberlite

La séparation des diamants de la roche volcanique est une opération ne faisant intervenir que des processus mécaniques, aucun produit chimique n’étant utilisé.  Elle utilise exclusivement les propriétés naturelles du diamant.  La roche passe par plusieurs circuits de concassage successifs élaborés de façon à séparer les diamants sans les abimer car si la diamant est la matière naturelle la plus dure qui soit, un diamant brut peut se fendre s’il est soumis à une pression excessive.  Les diamants sont d’abord séparés de la roche et concentrés par centrifugation car ils sont d’une densité très supérieure à celle-çi.   La récupération finale de chaque pierre se fait à l’aide de rayons X, le diamant étant fluorescent par nature.