Les cinq principales places mondiales du diamant

Anvers - Belgique

Au XVème siècle, Anvers traitait déjà près de la moitié des échanges de diamant du globe. Aujourd’hui pas moins de 80% de la production internationale de diamants brut y transite. Depuis près de 6 siècles, diamantaires, tailleurs et polisseurs de toutes nationalités et langues concourent par leur présence et leur savoir-faire à faire d’Anvers le centre mondial du diamant. Le quartier du diamant, appelé One Square Mile, couvre deux km2 encadrés par quatre rues qui abritent quatre places de négoce. Près de 1 500 sociétés liées au commerce de diamants et de pierres précieuses, des laboratoires de certification, des courtiers, des banques, des sociétés de transport sécurisé, des bureaux de change y travaillent dans la plus grande simplicité. En toute discrétion mais aussi en toute légalité, des centaines de milliers de carats, principalement des diamants bruts, mais également des diamants taillés, sont négociés chaque jour sous très haute surveillance.

 

Bombay - Inde

Si la Belgique règne encore sur le marché du diamant but, la fondation en 2012 de la Bharat Diamond Bourse incarne l'ambition de Bombay de devenir une plaque tournante du négoce de diamants.  Dans l’émergent quartier d’affaires de Bandra, s’élève un complexe de neufs buildings interconnectés où tous les métiers du diamant, des douanes aux banques, attirent quotidiennement plus de 30 000 personnes. Avec ses 287 700 m2, la Bharat Diamond Bourse revendique être la plus “grande” du monde. L’Inde est aussi réputée pour sa grande technicité dans la taille des pierres. Depuis les années 1990, l’Inde a développé dans l’Etat du Gujarat une infrastructure considérable employant près d’un million de tailleurs. Aujourd’hui, l’Inde se distingue non seulement par sa capacité à tailler des volumes importants à bas coût, mais aussi de tailler les plus belles pierres demandant le plus haut niveau de technicité.

New York - États Unis

La bourse de New-York, le NY Diamond Club joue un rôle important. La légende new-yorkaise raconte que sa création aurait été encouragée par la frayeur de deux diamantaires persuadés d’avoir perdu la pierre qu’ils examinaient dans la rue. L’un d’eux la retrouva dans le revers de son pantalon, une fois chez lui. Ils décidèrent alors de prendre exemple sur leurs confrères européens en choisissant un lieu sûr pour leurs transactions. Fondée en 1931 lors de la Grande Dépression, le NY Diamond Club comptait douze membres lors de sa première réunion. Il accueillit ensuite les négociants européens chassés de chez eux pendant la seconde guerre mondiale. Avec l’essor économique, cette entité est devenue la première place de négoce du diamant aux Etats-Unis. Elle est aussi l’un des fondateurs du WFDB (World Federation of Diamond Bourses) et a créé en 2003 le premier système d’échange par internet toujours actif. Elle compte aujourd’hui environ 2000 membres.

 

Tel Aviv - Israel

Fondée en 1937, cette bourse était à l’origine spécialisée dans les grosses pierres et les diamants destinés à la bijouterie. Suite à la seconde guerre mondiale et la crise du secteur des diamantaires, son organisation a été revue dix ans plus tard. En 1948, l’Israel Diamond Club, regroupait  producteurs, tailleurs, négociants et acheteurs. Cette bourse du diamant reste l’un des plus importants centres de négoce. Elle est réputée pour son savoir-faire dans la taille des gemmes, notamment les tailles dites « fancy » (marquise, émeraude etc). 

 

Dubai (UAE)

La proximité de l’Inde et l’accès croissant à des opportunités de financement locales a permis à Dubai de s’ériger depuis dix ans en acteur important du négoce international de diamant.  De nombreux producteurs africains notamment, vendent leur pierres brutes à des négociants établis à Dubai, bénéficiant ainsi d’un « circuit court » vers l’Inde où les diamants seront ensuite taillés.  

Le diamant : de l’odyssée de la nature à l’aventure des hommes

Découverts en Inde il y plus de 3 000 ans, les diamants exercent une fascination universelle et sont à l’origine d'histoires, de mythes et de légendes envoûtants. Cette fascination, qui s’est souvent muée en passion, est nourrie par l'âme, la beauté et la magie d’une pierre rare née il y a plus de 3,3 milliards d’années.

Les diamants se sont formés au cœur de la terre, entre 140 et 800km de profondeur, et sont le fruit d'un hasard extraordinaire associant une pression extrême à une température de 1 000 degrés. Au terme d'un processus de "cristallisation" long de plusieurs millions d'années, cette combinaison unique a permis de transformer un élément chimique commun, le carbone, en diamant. Ce miracle de la nature s'est produit il y a plusieurs milliards d'années, longtemps avant l'apparition de toute forme de vie sur terre.

Ces conjonctions idéales ne se sont jamais reproduites et la terre a cessé de produire des diamants il y a 900 millions d'années.

Bien plus tard, il y a 3 ou 400 millions d’années, les éruptions puissantes des premiers volcans ont fait remonter un très petit nombre de diamants intacts jusqu’à la surface de la terre.

Fruit de l’aventure universelle des éléments et des forces telluriques, un diamant nous raconte l’histoire de la Terre et de sa formation. Il nous raconte l’histoire de sa propre naissance, de son voyage improbable des tréfonds de la Terre jusqu’à la lumière du jour. Mais un diamant nous raconte aussi une autre histoire encore plus importante : une histoire humaine. Né il y a trois milliards d’années, le destin d’un diamant, taillé, apprivoisé, se mêlera à celui des hommes et des femmes qui l’ont trouvé, extrait, taillé, serti et enfin, consécration ultime, porté. Des profondeurs de la Terre, un diamant, authentique et précieux, vient éclairer et célébrer les moments et les relations les plus vrais et les plus précieux de notre vie.

Sur son chemin, le diamant est une source essentielle de richesse et de développement pour les communautés, régions et pays qui participent à son extraction et à son polissage. On estime à dix millions le nombre de personnes dans le monde qui dépendent directement ou indirectement de la filière du diamant pour leur éducation, leur santé, ou tout simplement leur subsistance, et cela dans des régions souvent défavorisées en Afrique ou en Inde. Le diamant aujourd’hui est également responsable. La vaste majorité des diamants commercialisés de nos jours sont extraits par des entreprises minières d’envergure mondiale, engagées à respecter les plus hauts standards et les règles les plus strictes en matière environnementale et sociale. Elles sont toutes particulièrement impliquées dans le développement et l’amélioration des conditions de vie et de travail des communautés locales.

Depuis quinze ans la filière mondiale du diamant est strictement contrôlée pour s’assurer notamment de l’application des engagements éthiques et sociaux établis par le Kimberley Process sous l’égide des Nations Unis et sous le contrôle permanent des ONG. Le Processus de Kimberley (www.kimberleyprocess.com) permet de garantir l’absence de diamants en provenance de régions de conflits dans toute la chaine de commercialisation.

Authentique, précieux et responsable, un diamant de plusieurs milliards d’années est porteur d’une symbolique forte. Le trouver, l’extraire, le tailler, le sertir, l’offrir, le porter et enfin l’offrir à son tour à quelqu’un qu’on aime, c’est prendre part à la plus belle des aventures, celle de la Terre et des Hommes.