Le plus célèbre des Joyaux de la Couronne de France

Le Régent est le plus célèbre des Joyaux de la Couronne de France. La pierre brute avait un poids de 410 carats et fut découverte en 1698 à Golconde, en Inde. Une légende raconte qu’un esclave l’aurait négociée contre un passage en bateau. Mais le marin anglais sans scrupule le tua et aurait vendu la pierre à Thomas Pitt, gouverneur anglais de Madras. Le diamant fut taillé en Angleterre puis acquis par le régent Philippe d'Orléans en 1717. Le Régent surpassait en beauté et en poids tous les autres diamants, alors connus en Occident. De nos jours encore, sa pureté et la qualité de sa taille font de lui, l’un des plus beaux diamants au monde.  

A l’origine, le Pitt

Thomas Pitt avait acquis le diamant brut pour une somme assez modique. Il envoya son fils à Londres vers 1702 pour le faire tailler. Deux ans furent nécessaires pour transformer le caillou indien en magnifique diamant de taille coussin au scintillement incomparable. Les pierres secondaires furent vendues au Tsar Pierre le Grand en Russie. Devenu le Pitt, il fut proposé à plusieurs grands souverains d’Europe mais son prix trop élevé les aurait dissuadés. Même Louis XIV refusa de l’acheter.

Il devient le Régent

Sur les conseils de Saint Simon et dans un contexte de prospérité économique favorable grâce à John Law, Philippe d’Orléans, Régent de France, décide d’acheter le diamant pour quelques centaines de milliers de livres. La pierre pris le nom de Régent.
Louis XV le fit sertir sur sa couronne lors de son sacre en 1722. Louis XVI le porta également lors de son sacre et Marie-Antoinette l’arbora également sur un chapeau. Lors de la Révolution, le Régent est conservé avec le Bleu de France au Garde-Meuble puis dérobé avec tous les Joyaux de la Couronne de France lors du fameux cambriolage en 1792.

Le Diamant de Napoléon

Retrouvé après divers périples, il est dégagé par le Consulat en 1801. Napoléon le considérait comme un talisman et le fit sertir à plusieurs reprises, la première fois sur la garde de son épée de parade de 1803, sur celle de l'épée du sacre de 1804, puis enfin sur le pommeau du glaive impérial de 1812. Emporté en Autriche par Marie-Louise en fuite le 29 mars 1814, il est rendu à Louis XVIII quelques semaines après. Charles X  le fait sertir sur la couronne de son sacre. L'impératrice Eugénie le portait en pierre amovible sur un bandeau à la grecque. 

Le Régent est aujourd’hui exposé, serti sur ce chaton amovible, dans la galerie d'Apollon, au Louvre.

Le diamant : de l’odyssée de la nature à l’aventure des hommes

Découverts en Inde il y plus de 3 000 ans, les diamants exercent une fascination universelle et sont à l’origine d'histoires, de mythes et de légendes envoûtants. Cette fascination, qui s’est souvent muée en passion, est nourrie par l'âme, la beauté et la magie d’une pierre rare née il y a plus de 3,3 milliards d’années.

Les diamants se sont formés au cœur de la terre, entre 140 et 800km de profondeur, et sont le fruit d'un hasard extraordinaire associant une pression extrême à une température de 1 000 degrés. Au terme d'un processus de "cristallisation" long de plusieurs millions d'années, cette combinaison unique a permis de transformer un élément chimique commun, le carbone, en diamant. Ce miracle de la nature s'est produit il y a plusieurs milliards d'années, longtemps avant l'apparition de toute forme de vie sur terre.

Ces conjonctions idéales ne se sont jamais reproduites et la terre a cessé de produire des diamants il y a 900 millions d'années.

Bien plus tard, il y a 3 ou 400 millions d’années, les éruptions puissantes des premiers volcans ont fait remonter un très petit nombre de diamants intacts jusqu’à la surface de la terre.

Fruit de l’aventure universelle des éléments et des forces telluriques, un diamant nous raconte l’histoire de la Terre et de sa formation. Il nous raconte l’histoire de sa propre naissance, de son voyage improbable des tréfonds de la Terre jusqu’à la lumière du jour. Mais un diamant nous raconte aussi une autre histoire encore plus importante : une histoire humaine. Né il y a trois milliards d’années, le destin d’un diamant, taillé, apprivoisé, se mêlera à celui des hommes et des femmes qui l’ont trouvé, extrait, taillé, serti et enfin, consécration ultime, porté. Des profondeurs de la Terre, un diamant, authentique et précieux, vient éclairer et célébrer les moments et les relations les plus vrais et les plus précieux de notre vie.

Sur son chemin, le diamant est une source essentielle de richesse et de développement pour les communautés, régions et pays qui participent à son extraction et à son polissage. On estime à dix millions le nombre de personnes dans le monde qui dépendent directement ou indirectement de la filière du diamant pour leur éducation, leur santé, ou tout simplement leur subsistance, et cela dans des régions souvent défavorisées en Afrique ou en Inde. Le diamant aujourd’hui est également responsable. La vaste majorité des diamants commercialisés de nos jours sont extraits par des entreprises minières d’envergure mondiale, engagées à respecter les plus hauts standards et les règles les plus strictes en matière environnementale et sociale. Elles sont toutes particulièrement impliquées dans le développement et l’amélioration des conditions de vie et de travail des communautés locales.

Depuis quinze ans la filière mondiale du diamant est strictement contrôlée pour s’assurer notamment de l’application des engagements éthiques et sociaux établis par le Kimberley Process sous l’égide des Nations Unis et sous le contrôle permanent des ONG. Le Processus de Kimberley (www.kimberleyprocess.com) permet de garantir l’absence de diamants en provenance de régions de conflits dans toute la chaine de commercialisation.

Authentique, précieux et responsable, un diamant de plusieurs milliards d’années est porteur d’une symbolique forte. Le trouver, l’extraire, le tailler, le sertir, l’offrir, le porter et enfin l’offrir à son tour à quelqu’un qu’on aime, c’est prendre part à la plus belle des aventures, celle de la Terre et des Hommes.