La Montagne de lumière en persan,

fascine par sa couleur blanc exceptionnel et par son histoire teintée de sombres épisodes. D’un poids originel de 186 carats quand il appartenait à la dynastie Kakatiya, il fut re-taillé sur la demande du Prince Consort Albert en 1852, en forme ovale et son poids réduit à 108.93 carats.

Malédiction aux hommes qui le porteraient

Ce fabuleux diamant découvert en Inde il y a plusieurs siècles, offert au dieu Shiva, aurait été dérobé par un homme alors qu’il ornait une statue à l’effigie de la divinité. Furieux, Shiva aurait foudroyé le voleur et promis de grands malheurs à tous les hommes tentés de s’approprier le joyau à l’avenir. Cette malédiction excluait les dieux et les femmes. Par superstition, le diamant n'a plus été porté par un souverain britannique régnant depuis la reine Victoria, décédée en 1901.

Témoin de guerres et complots en Inde

La première mention historique du diamant date du XIVe siècle où il passe des mains du rajah de Malwah (aujourd’hui Malva) à celles de Babur qui installait la dynastie des grands moghols à la place du sultanat de Delhi. En 1739, le général Nadir s’empare du trône de Perse et occupe Delhi. Ebloui par le Koh-I-Noor, pour obtenir le diamant caché dans la coiffe de l’empereur, le Châh Nadir invoque la coutume orientale : les vainqueur et vaincu devaient sceller la paix en échangeant leurs turbans. 

L’histoire du plus ancien des diamants célèbres témoigne de nombreuses naissances et de chutes d’empires en Inde, empreinte de complots sanglants et de morts brutales, fidèle à la légende.

Offert à la Reine Victoria

En 1849, la Compagnie des Indes le confisque à Dhulîp Singh, le fils du maharajah du Lahore alors âgé de onze ans, après la guerre contre les Sikhs.

Le diamant rejoint l’Angleterre, présenté lors d’une exposition organisée pour le 250e anniversaire de la Compagnie des Indes au Crystal Palace, et est offert à la Reine Victoria. Son manque d’éclat décide le prince consort Albert de le faire retailler. Confié aux deux meilleurs spécialistes de la maison Coster d’Amsterdam, le Koh-I-Noor est taillé en ovale, et serti sur une tiare avec plus de deux mille autres diamants. 

Depuis 1937, la pierre orne la croix de Malte sur la couronne de la reine Elizabeth II, conservée avec les autres Joyaux de la Couronne britannique à la Tour de Londres. Les gouvernements successifs de l’Inde demandent régulièrement le retour de la pierre, revendiquant sa forte appartenance au patrimoine historique et culturel du pays.

Le diamant : de l’odyssée de la nature à l’aventure des hommes

Découverts en Inde il y plus de 3 000 ans, les diamants exercent une fascination universelle et sont à l’origine d'histoires, de mythes et de légendes envoûtants. Cette fascination, qui s’est souvent muée en passion, est nourrie par l'âme, la beauté et la magie d’une pierre rare née il y a plus de 3,3 milliards d’années.

Les diamants se sont formés au cœur de la terre, entre 140 et 800km de profondeur, et sont le fruit d'un hasard extraordinaire associant une pression extrême à une température de 1 000 degrés. Au terme d'un processus de "cristallisation" long de plusieurs millions d'années, cette combinaison unique a permis de transformer un élément chimique commun, le carbone, en diamant. Ce miracle de la nature s'est produit il y a plusieurs milliards d'années, longtemps avant l'apparition de toute forme de vie sur terre.

Ces conjonctions idéales ne se sont jamais reproduites et la terre a cessé de produire des diamants il y a 900 millions d'années.

Bien plus tard, il y a 3 ou 400 millions d’années, les éruptions puissantes des premiers volcans ont fait remonter un très petit nombre de diamants intacts jusqu’à la surface de la terre.

Fruit de l’aventure universelle des éléments et des forces telluriques, un diamant nous raconte l’histoire de la Terre et de sa formation. Il nous raconte l’histoire de sa propre naissance, de son voyage improbable des tréfonds de la Terre jusqu’à la lumière du jour. Mais un diamant nous raconte aussi une autre histoire encore plus importante : une histoire humaine. Né il y a trois milliards d’années, le destin d’un diamant, taillé, apprivoisé, se mêlera à celui des hommes et des femmes qui l’ont trouvé, extrait, taillé, serti et enfin, consécration ultime, porté. Des profondeurs de la Terre, un diamant, authentique et précieux, vient éclairer et célébrer les moments et les relations les plus vrais et les plus précieux de notre vie.

Sur son chemin, le diamant est une source essentielle de richesse et de développement pour les communautés, régions et pays qui participent à son extraction et à son polissage. On estime à dix millions le nombre de personnes dans le monde qui dépendent directement ou indirectement de la filière du diamant pour leur éducation, leur santé, ou tout simplement leur subsistance, et cela dans des régions souvent défavorisées en Afrique ou en Inde. Le diamant aujourd’hui est également responsable. La vaste majorité des diamants commercialisés de nos jours sont extraits par des entreprises minières d’envergure mondiale, engagées à respecter les plus hauts standards et les règles les plus strictes en matière environnementale et sociale. Elles sont toutes particulièrement impliquées dans le développement et l’amélioration des conditions de vie et de travail des communautés locales.

Depuis quinze ans la filière mondiale du diamant est strictement contrôlée pour s’assurer notamment de l’application des engagements éthiques et sociaux établis par le Kimberley Process sous l’égide des Nations Unis et sous le contrôle permanent des ONG. Le Processus de Kimberley (www.kimberleyprocess.com) permet de garantir l’absence de diamants en provenance de régions de conflits dans toute la chaine de commercialisation.

Authentique, précieux et responsable, un diamant de plusieurs milliards d’années est porteur d’une symbolique forte. Le trouver, l’extraire, le tailler, le sertir, l’offrir, le porter et enfin l’offrir à son tour à quelqu’un qu’on aime, c’est prendre part à la plus belle des aventures, celle de la Terre et des Hommes.